Barricade Day 2012

Quindi ieri e ra il Barricade Day ed il mio account tumblr rigurgita di citazioni, video e approfondimenti.

Per chi non lo sapesse il “Barricade Day” è la ricorrenza delle giornate parigine del giugno 1832, passate alla storia perché mitizzate da Victor Hugo nel quarto tomo dei Miserabili. Contrariamente a quanto si possa pensare, ci sono stati post che celebrano la ricorrenza più che altro per la bella presenza di alcuni degli attori che interpretano Enjolras nel musical (solitamente di bella presenza, come di bella presenza è il giovane “Antinoo Feroce” del libro), ma soprattutto ho visto tante citazioni dal libro stesso e alcuni post che approfondivano l’argomento, parlando dell’evento storico, dell’ideologia di cui fu espressione, del legame di Hugo con la politica post-rivoluzionaria.

Trove bellissimo che, grazie soprattutto ad un musical (non sono tantissime le persone che non si scoraggiano davanti ad un tomo di più di mille pagine che non è un fantasy e che è -obbiettivemente- una lettura molto intensa), molte persone si siano avvicinate prima al libro e poi alla realtà dietro al libro, rendendo famoso un episodio che nel quadro degli avvenimenti dell’Ottocento è considerato minore.

E visto che ci siamo, vorrei citarvi due dei brani dell’episodio che mi emozionano ogni volta che leggo I Miserabili (non volete sapere quante volte me lo sono letto). Una è la scena della morte del pére Mabeuf, il vecchio che si sacrifica sulla barricata per issare la bandiera rossa caduta a terra:

Il y eut un de ces silences qui ne se font qu’autour des prodiges.
Au milieu de ce silence le vieillard agita le drapeau rouge et cria :
– Vive la révolution ! vive la république ! fraternité ! égalité ! et la mort !
On entendit de la barricade un chuchotement bas et rapide pareil au murmure d’un prêtre pressé qui dépêche une prière. C’était probablement le commissaire de police qui faisait les sommations légales à l’autre bout de la rue.
Puis la même voix éclatante qui avait crié : qui vive ? cria :
– Retirez-vous !
M. Mabeuf, blême, hagard, les prunelles illuminées des lugubres flammes de l’égarement, leva le drapeau au-dessus de son front et répéta :
– Vive la république !
– Feu ! dit la voix.
Une seconde décharge, pareille à une mitraille, s’abattit sur la barricade.
Le vieillard fléchit sur ses genoux, puis se redressa, laissa échapper le drapeau et tomba en arrière à la renverse sur le pavé, comme une planche, tout de son long et les bras en croix.
Des ruisseaux de sang coulèrent de dessous lui. Sa vieille tête, pâle et triste, semblait regarder le ciel.
Une de ces émotions supérieures à l’homme qui font qu’on oublie même de se défendre, saisit les insurgés, et ils s’approchèrent du cadavre avec une épouvante respectueuse.
– Quels hommes que ces régicides ! dit Enjolras.

Non vi dico come continua la scena, perché in caso qualcuno non avesse letto, non voglio rovinare niente 😉

L’altra è la scena finale: la morte di Enjolras e Grantaire:

– C’est le chef. C’est lui qui a tué l’artilleur. Puisqu’il s’est mis là, il y est bien. Qu’il y reste. Fusillons-le sur place.

– Fusillez-moi, dit Enjolras.

Et, jetant le tronçon de sa carabine, et croisant les bras, il présenta sa poitrine.

L’audace de bien mourir émeut toujours les hommes. Dès qu’Enjolras eut croisé les bras, acceptant la fin, l’assourdissement de la lutte cessa dans la salle, et ce chaos s’apaisa subitement dans une sorte de solennité sépulcrale. Il semblait que la majesté menaçante d’Enjolras désarmé et immobile pesât sur ce tumulte, et que, rien que par l’autorité de son regard tranquille, ce jeune homme, qui seul n’avait pas une blessure, superbe, sanglant, charmant, indifférent comme un invulnérable, contraignît cette cohue sinistre à le tuer avec respect. Sa beauté, en ce moment-là augmentée de sa fierté, était un resplendissement, et, comme s’il ne pouvait pas plus être fatigué que blessé, après les effrayantes vingt-quatre heures qui venaient de s’écouler, il était vermeil et rose. C’était de lui peut-être que parlait le témoin qui disait plus tard devant le conseil de guerre: «Il y avait un insurgé que j’ai entendu nommer Apollon.» Un garde national qui visait Enjolras abaissa son arme en disant: «Il me semble que je vais fusiller une fleur.»

Douze hommes se formèrent en peloton à l’angle opposé à Enjolras, et apprêtèrent leurs fusils en silence.

Puis un sergent cria: – Joue.

Un officier intervint.

– Attendez.

Et s’adressant à Enjolras:

– Voulez-vous qu’on vous bande les yeux?

– Non.

– Est-ce bien vous qui avez tué le sergent d’artillerie?

– Oui.

Depuis quelques instants Grantaire s’était réveillé. […]

Relégué qu’il était dans son coin et comme abrité derrière le billard, les soldats, l’oeil fixé sur Enjolras, n’avaient pas même aperçu Grantaire, et le sergent se préparait à répéter l’ordre: En joue! quand tout à coup ils entendirent une voix forte crier à côté d’eux:

– Vive la République! J’en suis.

Grantaire s’était levé.

L’immense lueur de tout le combat qu’il avait manqué, et dont il n’avait pas été, apparut dans le regard éclatant de l’ivrogne transfiguré.

Il répéta: Vive la République! traversa la salle d’un pas ferme, et alla se placer devant les fusils debout près d’Enjolras.

– Faites-en deux d’un coup, dit-il.

Et, se tournant vers Enjolras avec douceur, il lui dit:

– Permets-tu?

Enjolras lui serra la main en souriant.

Ce sourire n’était pas achevé que la détonation éclata.

Enjolras, traversé de huit coups de feu, resta adossé au mur comme si les balles l’y eussent cloué. Seulement il pencha la tête.

Grantaire, foudroyé, s’abattit à ses pieds.

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